Même si je suis déjà convaincu que le classement par répertoire est un concept mort, le fait de ne pouvoir placer ce billet que dans la catégorie Linux me le rappelle de façon un peu insolente... J'y reviendrai.

Depuis quelques temps déjà, je voulais changer d'appareil. Les photos de mon Powershot A80 commençait à être trop souvent floues à mon goût. Cela faisait donc quelques mois que l'idée d'investir dans un nouvel appareil photo numérique trottait dans nos têtes... L'achat s'est finalement porté sur le Powershot S3 IS.

Ce qui m'a attiré dans cet appareil :

  • réputé pour être un très bon intermédiaire compact/reflex
  • mode vidéo impressionnant (640x480 à 30 images par secondes)
  • une évolution, avancée certes, de mon ancien appareil, donc plus rapide à appréhender
  • des dimensions correctes : identiques pour hauteur et largeur, 2 fois plus large en profondeur
  • zoom 12x optique, 4x en numérique, avec stabilisateur de bonne qualité (dixit les spécialistes)
  • La vignette orientable, fonction qui m'avait d'ailleurs déjà fait choisir mon a80

Ce qui m'embête un petit peu :

  • le protocole de connexion de Canon : certes, Canon a fait un très bon choix d'utiliser un protocole normé (PTP), mais je ne comprends pas pourquoi les constructeurs ne choisissent pas plutôt systématiquement que l'appareil soit vu comme une clé USB par l'ordinateur. Serait-ce parce que ce protocole est bidirectionnel et qu'il faut que l'appareil puisse envoyer un ordre, d'impression par exemple, pour pouvoir imprimer directement sur une imprimante compatible PictBridge ? Ça doit être ça...
  • le switch entre les modes de visualisation des photos prises et la prise de vue aurait pu être un rien plus ergonomique. Ça marche bien, mais je ne sais pas, je trouve que le bouton est un rien trop petit, peut-être. Mais ce n'est pas rédhibitoire, évidemment.
  • le flash qui ne sort pas seul. Alors, c'est certain, c'est bien pour les cas où on ne veut surtout pas de flash, mais je ne suis pas habitué à devoir penser à le sortir... Heureusement, l'appareil prévient toutefois lors de la prise de vue : si vous ne l'avez pas sorti et qu'il estime qu'il serait nécessaire, il l'indique sur l'écran. L'avenir me dira si ça me dérange vraiment ou pas :-).
Utilisation sous Linux

Pour récupérer les photos, quel que soit le système d'exploitation, il y a deux solutions :

  • sortir la carte et la lire via un lecteur de carte ;
  • utiliser le câble USB fourni pour récupérer directement les photos en le branchant à l'appareil.

Je me suis dit que j'allais lire directement l'appareil. J'ai donc lancé gtkam, le logiciel de gestion d'appareil photo numérique pour gnome et essayer de récupérer mes photos. Impossible.

Après quelques recherches sur le net, j'ai compris que gtkam n'était en fait qu'un frontend pour gphoto2. Si celui-ci n'était pas capable de voir mon appareil, ce n'était même pas la peine d'ouvrir gtkam. Gphoto2 possède un mode où il est capable d'autodétecter l'appareil photo branché à l'ordinateur, le problème, c'est que chez moi, ça donnait ça :

baptiste@pumte:~$ gphoto2 --auto-detect
Model                          Port
----------------------------------------------------------

En farfouillant un peu au hasard, je suis tombé sur un bug report pour digikam qui n'avait a priori aucun rapport avec mon problème. C'est cette phrase qui a attiré mon attention :

don't worry about the mount path (it's an internal thing). if you have commandline gphoto2 installed, try this commands:

gphoto2 --auto-detect gphoto2 -l

try both as user and as root

Tiens ? Aaaah, mais ouiii, c'est peut-être un problème de droit. J'essaie :

baptiste@pumte:~$ sudo gphoto2 --auto-detect
Model                          Port
----------------------------------------------------------
Canon PowerShot S3 IS (PTP mode) usb:

Bingo ! Je prends même le temps d'essayer aussi avec l'A80.

baptiste@pumte:~$ sudo gphoto2 --auto-detect
Model                          Port
----------------------------------------------------------
Canon PowerShot A80 (normal mode) usb:

Parfait. Tout fonctionne très bien en fait. Il ne me reste donc plus qu'à gérer la sécurité pour autoriser baptiste à utiliser les appareils photo numériques. Pour info, sachez que ce genre de chose est souvent gérée par l'intermédiaire d'un groupe sous Linux. Ces groupes sont déclarés dans le fichier /etc/group. Chaque ligne définit un groupe, pour que baptiste fasse partie du groupe pouet, il suffit d'ajouter baptiste à la liste des utilisateurs déclarés sur la ligne du groupe, après le ":", simple.

Il est même possible de lancer le logiciel qu'on désire au branchement de l'appareil, j'ai trouvé une documentation complète qui explique comment faire. C'est là que j'ai trouvé que le groupe duquel il faut faire partie pour accéder aux APN est camera.

Soit vous faites adduser votreuser camera en mode texte dans une console. Soit vous pouvez toujours passer par l'interface graphique. Sous gnome, ça donne ça : dans le menu Administration/Utilisateurs et groupes :

Une fois ces manipulations effectuées, gtkam est totalement fonctionnel. L'auto-détection est opérationnelle, je peux récupérer mes photos et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je ne sais trop que penser de la mini-mésaventure que j'ai vécue dans la détection de mon appareil. Est-ce un bug ? Ou plutôt devrait-on le considérer comme tel ? Je ne pense pas. Toutefois, il est vrai que des utilisateurs moins expérimentés auraient pu y passer un temps bien plus important sans trouver de réponse claire (l'un des buts de ce billet, d'ailleurs). Sous Linux lorsqu'on vient de windows, il faut assimiler une chose très importante issue du monde unix : les droits. Soit vous avez droit d'accéder un fichier, soit vous ne l'avez pas. Si ce n'est pas le cas que ça ne devrait pas être ainsi, il faudra demander à l'administrateur de changer cet état de fait. Ce n'est pas un bug, ce n'est que de la configuration. Ce n'est évidemment pas fait que pour faire chier l'utilisateur, mais pour le protéger, lui et surtout les autres dans le cas où l'utilisateur en question serait malveillant. En procédant ainsi, vous limitez les risques qu'un utilisateur inexpérimenté n'accède à des choses qu'il ne devrait pas. Le même principe est présent sous Linux pour l'accès au graveur de CD, l'accès au clés USB, etc. Au final, c'est simplement l'habitude d'accéder à tout sans jamais poser de questions qui doit changer.

Après, que les logiciels qui gèrent cela vous préviennent lorsque vous possédez des droits limités (cf. ce que fait par exemple k3b, le logiciel de gravure de KDE) me paraît évidemment une très bonne chose, lorsque c'est possible, mais c'est un autre débat. Le système sous-jacent de gestion des droits n'est alors plus en cause.

Pour finir, voici un tout petit extrait sans prétention aucune de ce que fait le S3 IS. Il possède une fonctionnalité amusante (faisable aussi après coup sur ordinateur, je le reconnais) qui permet de passer sur une image tout en noir et blanc, sauf pour une couleur indiquée :

Toulouse, dimanche 1er octobre, 18h